Le rachat de trimestre est-il fait pour vous ?

Retraite / 23.11.20160 Commentaires

A l’heure où vous commencez à vous pencher sur votre fin de carrière, il n’est pas rare que vous soyez déçu : Vous constatez que vous allez devoir continuer à travailler bien après votre date légale  de départ si vous voulez avoir le taux plein.

Les conditions du rachat de trimestres sont actuellement favorables,  pourquoi ne pas en profiter ?

Si vous n’avez pas le nombre de trimestres requis, vous serez doublement pénalisé : d’abord, le taux de votre retraite de base sera minoré par application d’une décote – ensuite, le montant de votre pension sera réduit en proportion du nombre de trimestres qui vous manquent. Cela uniquement en régime de base !  Mais plus encore, les conséquences se feront sentir sur vos régimes complémentaires puisque vous devrez supporter des coefficients de minorations sur vos retraites ARRCO/AGIRC

Pour ne pas subir de pénalités, vous pouvez racheter tout ou partie des trimestres qui vous manquent pour allonger artificiellement votre durée d’assurance, via le dispositif de «versement pour la retraite». Il est possible de racheter des trimestres au titre de ses années  incomplètes  ou au titre de ses années d’études supérieures.

Cette opération peut vous permettre de travailler jusqu’à 3 ans de moins et de partir dès l’âge minimal de la retraite applicable à votre génération. Mais pas avant cet âge minimal : les trimestres rachetés ne sont pas pris en compte pour un départ anticipé.

Pourquoi racheter des trimestres actuellement ?

1/ Racheter des trimestres de retraite permet de bénéficier d’une déduction fiscale très intéressante.

Celle-ci s’applique en trois temps, le cas échéant :

Les versements sont d’abord totalement déductibles des salaires l’année où ils sont effectués (hors plafonnement des niches fiscales). Cette opération a lieu avant la déduction forfaitaire ou la déduction réelle pour frais professionnels. Si le montant des versements est plus élevé que celui des salaires, le déficit ainsi créé est ensuite totalement imputable sur le revenu global. Enfin, si le revenu global ne peut éponger ce déficit dans sa totalité, celui-ci peut être reporté sur le revenu global des six années suivantes.

2/ Racheter des trimestres est devenu plus facile.

  • Cette possibilité a été étendue jusqu’à 67 ans, au lieu de 60 ans auparavant.
  • Jusqu’en janvier 2014, il était impossible de racheter au titre de ses années d’études supérieures lorsque l’on avait en même temps été  affilié à un régime d’assurance vieillesse,  par exemple au titre d’un job d’étudiant trop peu payé pour rapporter des trimestres. Cette condition a été supprimée.

3/ Racheter des trimestres permet d’anticiper les réformes qui vont tomber prochainement.

  • Les réformes en cours :
    • le système de liquidation unique des retraites applicable au 1er juillet prochain qui pénalise les pluripensionnés (voir notre article « faut-il demander sa retraite avant le 1er juillet »);
    • le système de bonus/malus dans les régimes ARRCO/AGIRC applicable au 1er janvier 2019.
  • Les réformes à venir :
    • Tout porte à croire qu’après les élections présidentielles, une réforme d’ampleur sera effective.
    • Aujourd’hui, le rachat de trimestres pour obtenir une retraite de base au taux plein augmente mécaniquement les retraites complémentaires puisqu’elles ne subissent plus d’abattement. Cet effet de levier, qui est particulièrement intéressant pour les cadres, résulte de l’actuel accord AGFF qui prend fin le 31 décembre 2018. Si vous devez faire liquider votre retraite après cette date, il n’est pas certain que cet avantage sera maintenu.

Et pour vous, est-ce le bon moment ?

  • Vous payez beaucoup d’impôt sur le revenu.

La somme investie dans le rachat est déductible de votre revenu imposable, sans limitation. Plus votre taux marginal d’imposition est élevé (41 ou 45%), plus votre  rachat est avantageux.

  • Racheter plus jeune permet d’obtenir un tarif plus intéressant.

Ainsi par exemple,

  • Rachat à 55 ans : 3 973 € (option 1) – 5 888 € (option 2)
  • Rachat à 60 ans : 4 854 € (option 1) – 6 472 € (option 2)

Une ristourne est même prévue depuis 2015 pour les étudiants qui font un rachat dans les 10 ans suivant la fin des études.

Mais malgré les économies d’impôt et les ristournes, attention de ne pas racheter trop tôt !  En réalité, il s’agit de racheter lorsque vous êtes tout proche de votre départ.

Pourquoi ?

  1. Les modes de calculs des pensions vont changer en fonction des réformes à venir. Comment être certain dans ces conditions que le rachat de trimestres restera intéressant ?
  1. Vous ne savez pas comment va se terminer votre carrière.

Ainsi, si vous deviez êtes  déclaré inapte au travail, vous  obtiendrez le taux plein automatiquement. Si vous deviez passer par du chômage, vous valideriez des trimestres gratuitement. De même, vous pourriez finalement souhaiter continuer à travailler plus longtemps pour des raisons personnelles.  Dans tous ces cas, vous aurez racheté des trimestres pour rien.

  1. Un rachat de trimestres peut être réalisé en quelques mois.

Dans cette mesure, autant racheter  au plus près de sa date de liquidation, ce qui permet de ne prendre aucun risque.

A faire dès maintenant :  vous pencher sur votre futur rachat de trimestres afin de pouvoir le provisionner.

La question n’est pas : faut-il étudier l’opportunité d’un rachat de trimestres ? La réponse est oui.

Les vraies questions sont :

  • Ai-je droit à un rachat ?
  • Quel type de rachat ?
  • Quelle option choisir ?
  • Quel sera mon retour sur investissement ?

Ce type d’opération nécessite une étude de rentabilité précise. Pour toute demande d’information :Mme Emmanuelle SALLÉ – es@liaison-sociale.fr  – 02 35 12 45 81

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