Retraite complémentaire: Il vous reste 1 an !

Retraite / 29.01.20180 Commentaires

Au 1er janvier 2019, big bang sur la retraite complémentaire : un malus fait son apparition !

Retraite complémentaire - LSI

Si vous êtes CADRE, vous devez impérativement vous pencher sur le sujet : pour vous, la retraite complémentaire, c’est environ 60 % de votre retraite totale.

Si vous êtes CADRE SUPERIEUR, vous serez d’autant plus touché : plus la retraite complémentaire est élevée, plus l’impact de ce malus sera important.

Rappelons ce qui va se passer

Aujourd’hui, si vous ne subissez pas d’abattement sur votre pension du régime de base de sécurité sociale, l’ARRCO/AGIRC ne vous en applique pas non plus.

A partir du 1er janvier, ce sera fini : votre retraite complémentaire ne sera plus immédiatement versée à 100 %, mais à 90 % seulement pendant 3 ans.

Qui est concerné ?
  • les personnes nées en 1957 ou après
  • et qui choisiront de faire valoir leurs droits à la retraite dès qu’elles auront atteint l’âge requis et le taux plein.

Leur retraite complémentaire AGIRC et ARRCO seront minorées de 10 % durant 3 ans, et cela jusqu’à leurs 67 ans maximum.

Lire notre article : demain une retraite à la carte ?

Les différentes solutions possibles

Face à cette réforme, vous pouvez vous organiser.

Nous vous proposons de passer en revue différentes solutions.

 1/ Si vous n’êtes pas pressé, vous pouvez choisir de rester en activité une année de plus.

Poursuivre votre activité vous permettra d’effacer votre malus et par la même occasion d’augmenter  vos droits actuels :

  • En régime de base de sécurité sociale, vous obtiendrez une surcote calculée sur 4 trimestres (majoration de 5%)
  • En régimes complémentaires, des points Arrco et Agirc en plus.
2/ Partir de façon anticipée

Si vous êtes nés en 1957 ou 1958, demandez-vous si vous pouvez partir de façon anticipée dans le cadre d’une carrière longue ?

Vous pourriez ainsi faire liquider vos droits à 60 ou 61 ans, avant la date fatidique du 1er janvier 2019 !  

Dans ce cas, pas de temps à perdre, les démarches sont assez longues : il faut d’abord obtenir de la caisse une « attestation de départ anticipé », et ensuite seulement vous pourrez faire votre demande de retraite.

Attention, pour des raisons fiscales, certains préfèreront attendre : La première année, le retraité a un revenu moindre, tout en étant imposé sur ses salaires de l’année précédente.   En ne liquidant ses droits qu’en 2019 – année du prélèvement à la source – l’impôt sera ajusté aux nouveaux revenus.

3/ Faire reconnaître une inaptitude

C’est en effet un des cas d’exonération du malus. Pour les autres cas, lire notre article : Les retraites complémentaires baissent … et cela va continuer.

  • Votre inaptitude sera reconnue d’office si vous percevez une pension d’invalidité ou l’allocation pour adulte handicapé, ou si vous êtes titulaire de la carte d’invalidité et reconnu atteint d’une incapacité permanente d’au moins 80%.
  • Sinon, elle sera appréciée par le médecin-conseil de la caisse de retraite, sur dossier médical établi par le médecin du travail qui regardera votre incapacité de travail par rapport à l’emploi que vous occupez.
4/ Négocier avec votre employeur

Rappelons qu’un employeur ne peut plus obliger son salarié à partir en retraite avant 70 ans.

Mais s’il souhaite que vous partiez dès que vous avez atteint le taux plein, vous pouvez faire chiffrer ce que va vous couter ce malus sur 3 ans et en demander la compensation,  dans le cadre d’une rupture négociée.

5/ Gagner des trimestres retraite en travaillant un minimum

Dès lors que l’on cotise sur l’équivalent de 150 h de SMIC horaire brut, soit 1 482 € bruts pour 2018, on engrange un trimestre retraite. Pour en totaliser 4,  il faut donc percevoir un salaire annuel minimum brut de 5 928 €.

Attention, il ne suffira pas de totaliser ce montant sur quelques mois mais il faudra bien travailler 4 trimestres civils.

Une astuce peut consister à arrêter votre activité professionnelle normale  et à reprendre un « petit boulot » à 500 € brut par mois.

6/ Terminer votre carrière par une retraite progressive

Ce système vous permettra de réduire votre activité sur les derniers trimestres qui vous restent à faire, en passant à temps partiel pour terminer votre carrière en douceur.

Vous pourrez ainsi percevoir, en plus de votre revenu professionnel, une fraction de vos pensions de retraite Sécurité sociale et ARRCO/AGIRC calculées à titre provisoire. Ainsi vous ne diminuerez pas trop votre niveau de vie.

Pendant ce temps, vous continuez à obtenir des trimestres et des points jusqu’à ce que vous arrêtiez complètement votre activité – votre retraite sera alors recalculée définitivement en tenant compte de ces nouveaux droits.

Cerise sur le gâteau : Sous réserve de l’accord de votre employeur, vous pourrez  continuer à cotiser sur la base d’un temps plein, ce qui vous permettra de ne pas impacter votre future pension.

7/ Ne pas attendre le taux plein

La dernière solution consiste à demander la liquidation de vos droits à  retraite  à partir de l’âge légal, mais sans attendre d’avoir le taux plein.

En effet, si votre retraite est liquidée avec un trimestre en moins, le malus temporaire ne s’appliquera pas – compte tenu du fait qu’il y aura un abattement définitif en base et en complémentaire.

Cet abattement définitif aboutira peut être à une perte inférieure au malus temporaire ?  Tout dépend du montant de vos pensions et de votre espérance de vie … des simulations chiffrées s’imposent pour savoir quelle décision prendre.

Mais attention  si vous souhaitez continuer à travailler : en  partant à la retraite sans taux plein, vous ne pourrez faire qu’un cumul emploi-retraite limité, ce qui pourra être très pénalisant pour vous.

8/ Si vous êtes chômeur

Si vous terminez votre carrière, comme beaucoup de seniors,  en étant inscrit comme demandeur d’emploi.

Dès que vous remplirez les conditions d’une retraite à taux plein, Pôle emploi cessera de vous indemniser. N’ayant pas la possibilité de prolonger votre activité, vous subirez de plein fouet le malus.

Votre seule possibilité : décaler d’un an votre  demande de retraite complémentaire, et ne percevoir en attendant que votre retraite de base  mais ceci entrainera pour vous une  baisse de ressources importante …

Par Emmanuelle Sallé, contact: es@liaison-sociale.fr

Pour faire des estimations et savoir quelle stratégie adopter en fonction de votre profil et de vos besoins, contactez-nous !

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