LES PRELEVEMENTS SUR LA RETRAITE

Retraite / 23.03.20180 Commentaires

La CSG, la CRDS, la contribution Casa viennent minorer le montant de votre pension.

prelèvement retraite LSI

Qui peut bénéficier de cet avantage en 2018?

À moins d’en être exonéré.

Etre à la retraite ne signifie pas la fin des cotisations sociales. Selon votre situation fiscale, vous pouvez être prélevé sur votre pension (retraite de base et complémentaire) pour la CSG, la CRDS et la CASA.

La CSG  progresse de 1,7 point.

Pour les retraités elle passe donc de 6,6% en 2017 à 8,3% en 2018. (Pour les actifs, la CSG passe à 9,2%).
Le taux réduit de CSG reste à  3,8% (il est appliqué selon un critère de revenu, ci-dessous).

La CRDS est égale à 0,5%.

La CASA (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie – qui sert à financer la perte d’autonomie et la dépendance des personnes âgées et handicapées) est de 0,3%.

Qui est exonéré en 2018?

Une personne retraitée est exonérée de ces prélèvements si son revenu fiscal de référence (RFR figurant sur l’avis d’imposition reçu en septembre 2017) ne dépasse pas le plafond prévu selon le nombre de parts fiscales.

Ainsi, en 2018, vous ne serez pas assujetti à la CSG, à la CRDS et à la Casa si ce revenu ne dépasse pas:

  • pour une personne seule (1 part): 11 018 euros.
  • pour un couple soumis à imposition commune (2 parts): 16 902 euros. Si votre revenu fiscal de référence est supérieur au seuil d’exonération mais ne dépasse pas 14 404€ – pour 1 part- et 22 096€ – pour 2 parts – vous serez assujetti à la CSG mais à un taux réduit (3,8 %), et à la CRDS (0,5 %). Vous serez exonéré de la Casa).

 

Vous êtes également exonéré de CSG, CRDS et de Casa, si vous êtes :

  • titulaire d’une allocation supplémentaire d’invalidité (ASI)
  • de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA)
  • de l’allocation veuvage
  • domicilié fiscalement hors de France :

Vous décidez de partir au Portugal ou en Thaïlande pour y passer votre retraite ?

Dans ce cas,  vous ne paierez  ni CSG, ni CRDS, ni CASA. En revanche,  vous serez assujetti à une cotisation d’assurance maladie de 3,20%. Attention, il s’agit d’une cotisation de solidarité, elle n’ouvre pas de droits.

 

Par Emmanuelle Sallé

Email: es@liaison-sociale.fr

Téléphone: 02 35 12 45 81

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1 retraite sur 10 est erronnée

Non classé / 23.03.20180 Commentaires

Attention, un dossier de retraite sur dix comporte des erreurs. Comment les éviter ?

Dossier de retraite

Partir en retraite ne s’improvise pas !

Quel que soit son statut, il est important de préparer son dossier en amont.

Les documents envoyés par les caisses ne sont pas exempts d’erreurs ou d’omissions.

Il convient de les examiner de manière détaillée.

Effectivement, on a tout intérêt à préparer son départ en retraite le plus en amont possible.

Cela permet de déterminer à quel âge il est possible de bénéficier du taux plein mais également de s’interroger sur l’opportunité de racheter des trimestres ou de prolonger son activité.

Sachez néanmoins que la Cour des Comptes a relevé que près de 10% des montants de retraite comportent des erreurs à la CNAV.  Cela atteint même 20 % des dossiers retraite dans certaines CARSAT.

Près d’une retraite sur dix est erronée au régime général

Deux documents sont adressés systématiquement à tous les futurs retraités,  qui leur permettent d’avoir une vision à la fois globale et détaillée des droits acquis auprès de chaque régime :

  • le RIS (relevé individuel de situation) qui est envoyé tous les 5 ans à partir de 35 ans.
  • l’EIG (estimation indicative globale) qui est beaucoup plus complet et qui est adressé tous les 5 ans à compter de 55 ans.

Il est essentiel de vérifier que le RIS ou l’EIG coïncident bien avec la carrière.

Certaines périodes ont plus de risques que d’autres d’être oubliées. Il faut être particulièrement vigilant sur :

  • le service militaire,
  • les jobs d’été,
  • les périodes de chômage.
  • et enfin, les années durant lesquelles il y a eu plusieurs employeurs. Les revenus cumulés peuvent parfois augmenter le nombre de trimestres validés sur l’année et améliorer le salaire annuel moyen.

Attention aux cas où l’entreprise fait faillite, aux années d’apprentissage ou de travail à l’étranger.

Attention également aux changements de statut.

Que faire lorsqu’une erreur est relevée ?

Il y a des cas de figure plutôt simples de validation sur présomption, par exemple, une période lacunaire en milieu d’activité chez un même employeur…

Et il y a des cas de figure plus complexes, l’employeur n’a pas versé les cotisations, on ne retrouve pas ses bulletins de paye, l’entreprise n’existe plus…

La première chose à faire, est d’informer le régime dont est issue l’anomalie.

Lorsque des périodes n’apparaissent pas sur un relevé de carrière, il est possible de demander une régularisation à sa caisse de retraite. Mais attention, c’est à l’assuré qui en fait la demande d’apporter la preuve de son activité et des cotisations versées.

Il est également possible d’effectuer directement cette démarche en ligne mais seulement à partir de 55 ans.

Un conseil : se préoccuper de sa retraite le plus tôt possible, et rassembler tous les documents utiles pour faire rectifier d’éventuelles informations manquantes ou erronées que ce soit des périodes non validées ou des revenus inexacts.

Par Emmanuelle Sallé

Email: es@liaison-sociale.fr

Téléphone: 02 35 12 45 81

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Retraite complémentaire: Il vous reste 1 an !

Retraite / 29.01.20180 Commentaires

Au 1er janvier 2019, big bang sur la retraite complémentaire : un malus fait son apparition !

Retraite complémentaire - LSI

Si vous êtes CADRE, vous devez impérativement vous pencher sur le sujet : pour vous, la retraite complémentaire, c’est environ 60 % de votre retraite totale.

Si vous êtes CADRE SUPERIEUR, vous serez d’autant plus touché : plus la retraite complémentaire est élevée, plus l’impact de ce malus sera important.

Rappelons ce qui va se passer

Aujourd’hui, si vous ne subissez pas d’abattement sur votre pension du régime de base de sécurité sociale, l’ARRCO/AGIRC ne vous en applique pas non plus.

A partir du 1er janvier, ce sera fini : votre retraite complémentaire ne sera plus immédiatement versée à 100 %, mais à 90 % seulement pendant 3 ans.

Qui est concerné ?
  • les personnes nées en 1957 ou après
  • et qui choisiront de faire valoir leurs droits à la retraite dès qu’elles auront atteint l’âge requis et le taux plein.

Leur retraite complémentaire AGIRC et ARRCO seront minorées de 10 % durant 3 ans, et cela jusqu’à leurs 67 ans maximum.

Lire notre article : demain une retraite à la carte ?

Les différentes solutions possibles

Face à cette réforme, vous pouvez vous organiser.

Nous vous proposons de passer en revue différentes solutions.

 1/ Si vous n’êtes pas pressé, vous pouvez choisir de rester en activité une année de plus.

Poursuivre votre activité vous permettra d’effacer votre malus et par la même occasion d’augmenter  vos droits actuels :

  • En régime de base de sécurité sociale, vous obtiendrez une surcote calculée sur 4 trimestres (majoration de 5%)
  • En régimes complémentaires, des points Arrco et Agirc en plus.
2/ Partir de façon anticipée

Si vous êtes nés en 1957 ou 1958, demandez-vous si vous pouvez partir de façon anticipée dans le cadre d’une carrière longue ?

Vous pourriez ainsi faire liquider vos droits à 60 ou 61 ans, avant la date fatidique du 1er janvier 2019 !  

Dans ce cas, pas de temps à perdre, les démarches sont assez longues : il faut d’abord obtenir de la caisse une « attestation de départ anticipé », et ensuite seulement vous pourrez faire votre demande de retraite.

Attention, pour des raisons fiscales, certains préfèreront attendre : La première année, le retraité a un revenu moindre, tout en étant imposé sur ses salaires de l’année précédente.   En ne liquidant ses droits qu’en 2019 – année du prélèvement à la source – l’impôt sera ajusté aux nouveaux revenus.

3/ Faire reconnaître une inaptitude

C’est en effet un des cas d’exonération du malus. Pour les autres cas, lire notre article : Les retraites complémentaires baissent … et cela va continuer.

  • Votre inaptitude sera reconnue d’office si vous percevez une pension d’invalidité ou l’allocation pour adulte handicapé, ou si vous êtes titulaire de la carte d’invalidité et reconnu atteint d’une incapacité permanente d’au moins 80%.
  • Sinon, elle sera appréciée par le médecin-conseil de la caisse de retraite, sur dossier médical établi par le médecin du travail qui regardera votre incapacité de travail par rapport à l’emploi que vous occupez.
4/ Négocier avec votre employeur

Rappelons qu’un employeur ne peut plus obliger son salarié à partir en retraite avant 70 ans.

Mais s’il souhaite que vous partiez dès que vous avez atteint le taux plein, vous pouvez faire chiffrer ce que va vous couter ce malus sur 3 ans et en demander la compensation,  dans le cadre d’une rupture négociée.

5/ Gagner des trimestres retraite en travaillant un minimum

Dès lors que l’on cotise sur l’équivalent de 150 h de SMIC horaire brut, soit 1 482 € bruts pour 2018, on engrange un trimestre retraite. Pour en totaliser 4,  il faut donc percevoir un salaire annuel minimum brut de 5 928 €.

Attention, il ne suffira pas de totaliser ce montant sur quelques mois mais il faudra bien travailler 4 trimestres civils.

Une astuce peut consister à arrêter votre activité professionnelle normale  et à reprendre un « petit boulot » à 500 € brut par mois.

6/ Terminer votre carrière par une retraite progressive

Ce système vous permettra de réduire votre activité sur les derniers trimestres qui vous restent à faire, en passant à temps partiel pour terminer votre carrière en douceur.

Vous pourrez ainsi percevoir, en plus de votre revenu professionnel, une fraction de vos pensions de retraite Sécurité sociale et ARRCO/AGIRC calculées à titre provisoire. Ainsi vous ne diminuerez pas trop votre niveau de vie.

Pendant ce temps, vous continuez à obtenir des trimestres et des points jusqu’à ce que vous arrêtiez complètement votre activité – votre retraite sera alors recalculée définitivement en tenant compte de ces nouveaux droits.

Cerise sur le gâteau : Sous réserve de l’accord de votre employeur, vous pourrez  continuer à cotiser sur la base d’un temps plein, ce qui vous permettra de ne pas impacter votre future pension.

7/ Ne pas attendre le taux plein

La dernière solution consiste à demander la liquidation de vos droits à  retraite  à partir de l’âge légal, mais sans attendre d’avoir le taux plein.

En effet, si votre retraite est liquidée avec un trimestre en moins, le malus temporaire ne s’appliquera pas – compte tenu du fait qu’il y aura un abattement définitif en base et en complémentaire.

Cet abattement définitif aboutira peut être à une perte inférieure au malus temporaire ?  Tout dépend du montant de vos pensions et de votre espérance de vie … des simulations chiffrées s’imposent pour savoir quelle décision prendre.

Mais attention  si vous souhaitez continuer à travailler : en  partant à la retraite sans taux plein, vous ne pourrez faire qu’un cumul emploi-retraite limité, ce qui pourra être très pénalisant pour vous.

8/ Si vous êtes chômeur

Si vous terminez votre carrière, comme beaucoup de seniors,  en étant inscrit comme demandeur d’emploi.

Dès que vous remplirez les conditions d’une retraite à taux plein, Pôle emploi cessera de vous indemniser. N’ayant pas la possibilité de prolonger votre activité, vous subirez de plein fouet le malus.

Votre seule possibilité : décaler d’un an votre  demande de retraite complémentaire, et ne percevoir en attendant que votre retraite de base  mais ceci entrainera pour vous une  baisse de ressources importante …

Par Emmanuelle Sallé, contact: es@liaison-sociale.fr

Pour faire des estimations et savoir quelle stratégie adopter en fonction de votre profil et de vos besoins, contactez-nous !

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LES RETRAITES COMPLÉMENTAIRES BAISSENT … ET CELA VA CONTINUER

Retraite / 26.01.20181 Commentaires

retraite complémentaire LSI

Pourquoi ?

L’ARRCO et l’AGIRC ont enregistré de tels déficits ces dernières années qu’il a fallu réagir pour éviter la faillite. Par un accord des partenaires sociaux du 30 octobre 2015, un certain nombre de mesures ont été prise afin de retrouver l’équilibre de ces régimes. Certaines sont en application depuis le 1er janvier 2016, d’autres  interviendront au 1er janvier 2019.

Ce n’est pas sans conséquence pour vous, surtout si vous êtes Cadre : Dans ce cas, la retraite complémentaire représente environ 60% de votre retraite totale.

Les mesures mises en place dès 2016 et pour 3 ans 

  • le prix d’achat des points ARRCO et AGIRC grimpe (de la hausse du salaire moyen majoré de 2%) :

A titre d’exemple, en 2015  un salarié percevait 65,60 € de retraite complémentaire par an pour 1.000 euros cotisés. Fin 2018, il ne touchera plus que 60 €.

  • les pensions ne suivent plus l’inflation, mais sont revalorisées 1 point au-dessous

 

  • les dates de revalorisation sont décalées du 1er avril au 1er novembre.

Ce qui nous attend en 2019

Le système de bonus/malus

Jusqu’alors, les salariés qui partaient à l’âge légal et qui avaient la durée d’assurance requise dans le régime de base pouvaient aussi obtenir leurs pensions complémentaires sans décote. Cela va changer pour ceux (nés en 1957 et après) qui prennent leur retraite à partir du 1er janvier 2019 : S’ils ne reportent  pas d’un an leur départ – à partir du moment où ils ont l’âge légal et le taux plein –  un malus de 10% s’appliquera sur leurs pensions ARRCO/AGIRC pendant 3 ans, et au maximum jusqu’à l’âge de 67 ans. (si ils reportent davantage leur départ, ils pourront bénéficier d’un bonus de 10, 20 ou 30% – mais seulement dans la limite d’un an).

A noter : les salariés prenant leur retraite anticipée au titre d’une carrière longue seront également concernés par ce malus.

En revanche, seront exonérés : – les retraités ayant bénéficié d’une retraite pour inaptitude ou d’une retraite anticipée au titre du dispositif amiante – les retraités à très faibles revenus qui sont exonérés de CSG  (ceux qui bénéficient d’un taux réduit de CSG ne subiront qu’une décote de 5%). – les retraités présentant un handicap – les retraités ayant élevé un enfant handicapé ou justifiant du statut d’aidant familial.

La fusion de l’ARRCO et de l’AGIRC

A partir du 1er janvier 2019, tous les salariés du privé – cadres et non cadres – cotiseront à une caisse de retraite complémentaire unique : le « régime unifié Agirc-Arrco ». Tous les points de retraite acquis avant la fusion par les cadres ou les non- cadres seront conservés,  mais de nouvelles règles communes vont être établies. Syndicats et patronat se sont réunis en novembre 2017 pour fixer ces règles qui suscitent encore beaucoup de questions et de commentaires …

Pour aller plus loin, lire nos articles :

Par Emmanuelle Sallé. Contact : es@liaison-sociale.fr

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LA FUSION ARRCO/AGIRC : C’est pour demain

Retraite / 26.01.20181 Commentaires

Qu’est-ce qui nous attend dans un an avec la fusion ARRCO/AGIRC ?

Bonnes ou mauvaises nouvelles ?

Quelques mesures favorables …

  •  Les pensions de réversion seront versées pour tous à partir de 55 ans.

Jusqu’à présent un veuf ou une veuve de cadre devait attendre l’âge de 60 ans pour percevoir une pension de réversion alors que le conjoint d’un non-cadre pouvait y prétendre dès 55 ans.

  • Les majorations familiales seront plus élevées. 

Aujourd’hui le montant de votre retraite complémentaire peut être augmenté de 10% si vous avez eu ou élevé trois enfants et plus, ou bien si vous avez encore un ou plusieurs enfants à charge. Jusqu’à présent cet avantage était limité par un plafond annuel  de 1 000€. Celui-ci passera à 2 000€ par an.

…  d’autres pénalisantes …

  • La garantie minimale de points (GMP) sera supprimée.

Mauvaise nouvelle pour les cadres dont le salaire  brut est inférieur à 43.977 euros et qui bénéficient actuellement de cette GMP (120 points par an) : certes leurs cotisations vont diminuer en 2019 et donc leur salaire net augmenter, mais, en contrepartie, leurs droits à la retraite vont être rognés sensiblement…

  • Le « taux d’appel» va augmenter, de 125 à 127 %.

Cette hausse de cotisations ne se traduira pas par une hausse des points de retraite dans votre escarcelle, car on augmente ici les cotisations non productives de droits. En réalité, pour cotiser 100, il faudra prélever (part salariale + part patronale) 127 euros en 2019, contre 125 aujourd’hui.  

… et surtout, la nouvelle fédération Agirc-Arrco aura la faculté juridique de faire varier le niveau des pensions dans l’hypothèse de la survenue d’un déficit du régime.

C’est un bouleversement ! Le principe depuis toujours, c’était l’intangibilité des pensions : une fois que vous aviez liquidé vos droits à retraite, vous étiez tranquille : vos pensions étaient calculées une fois pour toute et leur montant ne bougeait plus (sauf revalorisations annuelles). A partir de 2019, elles pourraient servir de variable d’ajustement  ?…

Pour aller plus loin, lire notre article : Faut-il avoir peur de la fusion ARRCO-AGIRC ? contact : es@liaison-sociale.fr

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LA FUSION ARRCO/AGIRC DOIT-ELLE NOUS FAIRE PEUR ?

Retraite / 26.01.20182 Commentaires

Beaucoup s’interrogent sur cette fusion

qui va avoir lieu dans un an.

 

Que peut-on en dire ?

En principe, la fusion ARRCO/AGIRC de 2019 n’entraînera aucun changement pour les salariés. Ils conserveront leur stock de points Cadre et Non-cadre qui seront  convertis en points « ARRCO-AGIRC »,  sans perte de droits.   Le système de la retraite complémentaire continuera à fonctionner selon le principe de la répartition (les cotisations actuelles financent les pensions actuelles), avec les partenaires sociaux.    

Toutefois, certains pensent que  le pilotage du futur nouveau régime unifié pourrait se révéler « explosif » pour le niveau des pensions. 

Qu’en est-il exactement ?

Cette fusion a été décidée par un accord du 30 octobre 2015 afin de sécuriser l’avenir des retraites complémentaires. La nouvelle institution va être à la tête de 60 milliards d’euros de réserves et elle entend bien prendre les mesures nécessaires pour maintenir l’équilibre.

Dorénavant, l’objectif recherché est d’éviter absolument d’augmenter les cotisations patronales et salariales  – ce qui a toujours été la technique  jusqu’alors pour réduire les déficits (avec quelques autres mesures comme la diminution des avantages familiaux et la non-revalorisation des pensions servies).

Il est prévu que chaque année, le conseil d’administration de la fédération Agirc-Arrco pourra si nécessaire ajuster plusieurs paramètres du régime, comme la valeur du point de retraite.

Le point de retraite pourra donc être revu à la baisse, pour pallier une situation déficitaire … Cela signifie que le niveau des pensions des futurs comme des actuels retraités devient une variable d’ajustement …   On revient là sur un principe immuable : les pensions, une fois liquidées, étaient  gravées dans le marbre. Certains medias ont aussi pointé le risque d’un pilotage « quasi automatique » qui remettrait en cause le principe du paritarisme : jusqu’à présent,  la valeur du point ne pouvait être modifiée que par concertation entre partenaires sociaux.

En réalité, le pouvoir du conseil d’administration sera bel et bien encadré :

Tous les quatre ans, les partenaires sociaux fixeront  des orientations stratégiques  et définiront les fourchettes de variation des paramètres ajustables annuellement en cas d’imprévus économiques. .

Par ailleurs, précisons que ce nouveau mécanisme  ne jouera que “si le régime ne dispose pas d’une réserve financière égale à six mois de prestations”.

Selon des estimations des services techniques de l’Agirc et l’Arrco, réalisées à la demande de la CGT, le régime unifié verrait son niveau de réserve atteindre ces 6 mois de pensions en 2023 si aucune nouvelle mesure n’était prise d’ici là.

Les partenaires sociaux, qui doivent se réunir au printemps prochain pour négocier les orientations pour la période 2019-2022, devraient donc une nouvelle fois décider de mesures d’économies….

Par Emmanuelle Sallé. Contact : es@liaison-sociale.fr

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Quand Le PLFSS 2018 Passe, C’est Les Complémentaires Qui Trépassent

Santé / 10.10.20170 Commentaires

PLFSS 2018

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 ou PLFSS 2018 a été présenté ce jeudi 28 septembre 2017. Il contient bon nombre de mesures qui intéressent directement les entreprises et leurs salariés. Certaines mesures doivent s’appliquer dès 2018. Pour d’autres, il faudra attendre le 1er janvier 2019.

Une hausse du forfait hospitalier (18 à 20€ par jour) viendrait s’ajouter à des revalorisations tarifaires issues des négociations conventionnelles. Cette augmentation de la participation des malades aux frais hôteliers se traduirait par une nouvelle charge de 200 M€ pour les organismes d’assurance maladie complémentaire.

La dernière augmentation du forfait hospitalier remonte au 1er janvier 2010, date à laquelle il était passé de 16 à 18 €. Créé en 1983, il s’élevait à l’époque à 20 francs, et se montait à 13€ en 2004 peu après le passage à la monnaie commune. Sa prise en charge par les organismes complémentaires est rendue obligatoire par le cahier des charges des contrats responsables, qui représentent la quasi-totalité du marché.

Des questions sur l’hôpital

D’autres mesures du PLFSS pourraient aussi peser sur les complémentaires santé. A ce jour, aucune information n’a filtré quant à d’éventuels déremboursements ou transferts vers l’assurance maladie complémentaire. Mais, dans le monde hospitalier, certains craignent des mesures financières, comme des baisses de remboursement, touchant la chirurgie. Un autre enjeu du budget de la sécu concerne la volonté du gouvernement de tendre vers le reste à charge zéro en optique, audioprothèse et dentaire.  Concernant ce dernier, aucune mesure n’est à attendre dans le PLFSS, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn ayant relancé les négociations conventionnelles avec les syndicats de la profession, et repoussé d’un an le règlement arbitral qui prévoyait des revalorisations tarifaires.

En revanche, il pourrait en aller autrement en optique et en audioprothèse, à moins que le gouvernement ne préfère traiter cette problématique du reste à charge dans le cadre de la stratégie nationale de santé, qui sera adoptée par décret.

Une charge totale supérieure à 400 M€

Quoi qu’il en soit, l’augmentation du forfait hospitalier viendrait s’ajouter à la charge des revalorisations tarifaires issues d’une part de la convention médicale signée en 2016, d’autre part d’un avenant à la convention des pharmacies d’officine signée en juillet dernier. La première se traduirait, au titre du ticket modérateur, par une dépense pouvant être estimée jusqu’à 180 M€ en année pleine pour les complémentaires santé. Quant au second, qui vise à faire évoluer le mode de rémunération des officines en le diversifiant, il s’accompagne d’un investissement de 280 M€, dont 160 M€ pour l’assurance maladie obligatoire et 120 pour les organismes complémentaires, montant étalé sur les années 2018 à 2020.

Ne subissez pas ces augmentations sans agir, contactez nos conseillers pour optimiser vos contrats santé !

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Complémentaire santé d’entreprise et anciens salariés : un décret tant attendu ?

Santé / 14.04.20176 Commentaires

Une analyse du décret du 21 mars 2017 qui modifie les conditions tarifaires proposées aux anciens salariés souhaitant bénéficier du maintien de la couverture frais de santé dans le cadre de la loi Evin. 

Deux ans d’attente quasiment et deux versions d’un projet soumis à concertation plus tard pour deux courts articles d’un décret paru au Journal officiel du 23 mars 2017. Deux articles qui poseront bien plus de questions pour les employeurs, les assureurs et les individus concernés. Le décret du 21 mars 2017 tend à réorganiser en partie la complémentaire santé, au moment du départ, des salariés (retraités, chômeurs et invalides) assurés jusqu’ici via leur employeur.

Généralisation de la complémentaire santé

Le cadre posé par l’article 4 de la loi Evin du 31 décembre 1989 (et diverses jurisprudences) se veut protecteur : cette complémentaire santé doit être proposée par les assureurs des contrats collectifs dans les termes suivants :

  • pas de sélection médicale, pas de délai de carence ;
  • mêmes garanties à niveau identique que celui prévu par le contrat d’assurance pour les actifs ;
  • une cotisation d’assurance qui peut être plus importante mais qui était plafonnée (pas plus de 50%  des « tarifs globaux applicables aux salariés actifs ») ;
  • un maintien viager de ce dispositif pour les assurés.

Pour les entreprises et les salariés, la complémentaire santé avec la généralisation rime depuis quelque temps avec une certaine complexité :

  • des obligations pour les employeurs, du fait de la loi ou du fait des accords de branche professionnelle négociés pour la cause ;
  • une concurrence exacerbée sur le marché de l’assurance santé entre les différents opérateurs ;
  • une fiscalisation du financement de ces régimes et une augmentation constatée de redressements Urssaf ;
  • des tentatives de contrôle des pratiques tarifaires des professionnels de santé et des remboursements pour les assurés (contrats responsables) ;

Progressivité du plafond de la cotisation

Le décret du 21 mars 2017 quant à lui entend aller plus loin sur l’encadrement tarifaire imposé aux assureurs puisqu’il met en place un système progressif du plafond de la cotisation :

  • la 1e année, même cotisation que le tarif global des salariés en activité ;
  • la 2e année, la cotisation ne peut être supérieure de plus de 25% à ce tarif global ;
  • la 3e année, la cotisation ne peut être supérieure de plus de 50%.

Fini le plafond maximal de plus de 50% très souvent appliqué dès la 1e année par les organismes assureurs !

Toutefois ce nouveau texte soulève déjà quelques perplexités pour son application :
Le plafonnement progressif serait mis en place à compter de la date d’effet du contrat ou de l’adhésion (d’assurance) ;  comment comprendre ce point alors que la logique jusqu’ici était de de proposer un dispositif (et donc le tarif) au départ du salarié de l’entreprise ?

Quid après la 3e année en matière de niveau de cotisation alors que la relation contractuelle est maintenue viagèrement ? Les assureurs semblent, avec la rédaction adoptée, retrouver une certaine liberté tarifaire à partir de la 4e année (ce qui n’est pas incongru);

La nouvelle mesure s’applique aux contrats d’assurance souscrits et aux adhésions intervenant à compter du 1er juillet 2017. Pourquoi cette date d’effet pour des contrats dont l’échéance et le renouvellement coïncident pour l’immense majorité au 1er janvier? Comment l’organisme assureur  va-t-il appréhender la gestion de cohortes successives de contrats?
Sans compter que demeurent les questions originelles de ce dispositif telles que la référence prise pour la  nouvelle cotisation (« le tarif global des actifs »)…

Les enjeux pour les entreprises

L’enjeu pourrait être de taille pour les organismes assureurs sur lesquels repose l’obligation en premier lieu, face surtout à l’effet conjugué de la généralisation de la complémentaire santé des salariés et de l’accroissement inexorable des départs en retraite (principaux bénéficiaires de l’article 4 de la loi Evin).

Les entreprises ne sont pas en reste puisqu’elles peuvent être impliquées selon plusieurs niveaux croissants de responsabilités dans le dispositif. En particulier :

  • en tant que concepteur ou négociateur de la complémentaire santé des actifs : en plein essor de la restructuration de ces complémentaires pour se mettre en conformité d’ici le 31 décembre 2017 avec la réglementation des contrats responsables et le développement des sur-complémentaires le plus souvent facultatives, l’employeur fait un choix qui est reporté sur la couverture proposée aux anciens salariés à titre temporaire avec la portabilité et à titre plus définitif pour les bénéficiaires de l’article 4 de la loi Evin ;
  • en tant que souscripteur d’un contrat d’assurance collective au bénéfice de ses salariés : l’employeur doit être vigilant sur les dispositions intégrées dans ce contrat par l’assureur pour la mise en œuvre de l’article 4. Il n’endosse certes pas la responsabilité du professionnel de l’assurance mais la jurisprudence a déjà condamné des entreprises pour manquement à une obligation d’information liée à ce dispositif vis-à-vis d’anciens salariés ;
  • en tant parfois que souscripteur d’un contrat collectif facultatif pour ses anciens salariés : l’entreprise leur propose ainsi un cadre contractuel plus maîtrisé et doit alors être soucieux des liens juridiques et équilibres techniques qui existent entre les deux contrats actifs/non actifs ;
  • en tant que financeur de la complémentaire santé : l’employeur peut aussi participer financièrement à la couverture de ses anciens salariés (souvent retraités). Ce financement  génère l’évaluation de passifs sociaux et entraîne une attention particulière sur le niveau des cotisations présenté.

Autant de rôles qui amèneront les entreprises à s’intéresser ou être intéressées par les changements apportés par le décret du 21 mars 2017 qui n’était peut-être pas si attendu.

 

Source : Actuel RH

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Demain, une retraite « à la carte » ?

Retraite / 23.01.20174 Commentaires

Le système de bonus/malus dans les régimes complémentaires

Les partenaires sociaux se sont mis d’accord en fin d’année dernière pour instaurer, à compter de 2019, un système de bonus/malus sur les retraites complémentaires ARRCO/AGIRC.

En quoi consiste le système de bonus-malus ?

À partir de 2019, les salariés qui auront atteint l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) et la durée de cotisation requise pour obtenir une pension à taux plein, devront quand même travailler un an de plus.

Sinon ? Ils subiront une décote de 10 % pendant trois sur leurs retraites complémentaires.

Ceux qui travailleront deux années de plus – soit jusqu’à 64 ans – bénéficieront au contraire d’un bonus de 10 % pendant un an. Ce bonus grimpe respectivement à 20 % et 30 % pour trois et quatre années de travail supplémentaires. L’accord du 15 octobre 2015  vise 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020, ce qui limiterait le déficit des régimes à 2,3 milliards d’euros à cette date ….

Les mesures prises vont pénaliser les assurés, qui pourraient subir jusqu’à 18% de baisse de pension, et ces pertes grandiront au fil des générations, selon des simulations du Conseil d’orientation des retraites (COR) :

Un cadre né en 1959, voulant partir à la retraite dès qu’il a cotisé suffisamment longtemps au régime de base, perdra environ 14,5% de sa pension complémentaire.
Cette perte s’accentuera au fil des générations pour atteindre plus de 17 % pour un cadre né en 1990   – et  les salariés non cadres y laisseront un peu plus, soit près de 18 %.

De quoi faire réfléchir …

Demain, vous aurez le choix :

  • vous arrêter de travailler dès que possible et perdre en pouvoir d’achat
  • ou rester dans le monde du travail plus longtemps

Aujourd’hui il ne s’agit pas de liquider ses droits « à la casse », il vous faut impérativement attendre d’avoir le taux plein.

Mais si vous pouvez l’atteindre avant 2019, une bonne stratégie consisterait à effectuer votre demande de retraite sans délais et à continuer de travailler dans le cadre d’un cumul emploi-retraite.

Pour toute demande d’information :  Emmanuelle SALLÉ – es@liaison-sociale.fr – 02 35 12 45 81

 

 

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Vérifiez vos relevés de carrière !

Retraite / 23.11.20160 Commentaires

Il vous faut vérifier votre relevé de carrière de la Sécurité Sociale, afin de pouvoir demander une régularisation au cas où vous constateriez  une erreur.

C’est particulièrement vrai pour les périodes durant lesquelles  vous avez eu plusieurs employeurs en même temps. Car, même si 4 trimestres figurent bien sur votre compte pour une année donnée, il  peut arriver que le calcul votre pension ait été minorée.

Explication :

Rappelons que le calcul de votre pension se fait par rapport à un Salaire Annuel de Référence, qui est la moyenne des 25 meilleures rémunérations annuelles plafonnées (et revalorisées).

Cependant, jusqu’en 2005il était possible de cotiser au-delà du Plafond Annuel de Sécurité Sociale, et donc d’avoir un S.A.R plus important – donc plus de droits à la retraite –  à condition d’avoir eu plusieurs employeurs. Si les services de la CNAV omettent un des employeurs, vous aurez un manque à gagner.

Prenons l’exemple d’un cadre qui a eu deux employeurs entre 1999 et 2004, qui a reçu au cours de ces six années une rémunération brute à hauteur du PASS avec le 1er, et 50% du PASS avec le second.

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